Cirque du Soleil: une méthode plus intuitive

Article publié dans la presse le 18 avril 2015, écrit par Dominique Froment

Faut-il s’étonner qu’une entreprise comme le Cirque du Soleil, dont le fonds de commerce est la créativité, ait pour sa collection d’oeuvres d’art une méthode plus intuitive que celle d’une institution financière ?

Un exemple de la dynamique particulière qui rythme la gestion de la collection du Cirque est son comité de sélection des oeuvres, constitué de huit employés dont les noms sont tirés au hasard (parmi ceux que la chose intéresse, évidemment !). Les mandats de tous les membres sont renouvelés chaque année.

«Le but de la collection est de stimuler la créativité de nos employés, notamment en leur permettant de rencontrer des artistes et en organisant des activités, comme la visite de galeries d’art visuel», dit Sylvie François, chef des collections, action culturelle, au siège social du Cirque, dans le quartier montréalais de Saint-Michel.

Les volumineux dossiers d’oeuvres à présenter aux membres du comité pour les convaincre de les acheter ne semblent pas non plus faire partie du processus de sélection. «On peut dire qu’on fonctionne beaucoup par coup de coeur», explique Mme François.

La démarche privilégiée par le Cirque consiste à organiser chaque année deux ou trois expositions à l’intérieur des murs de son siège social. Chacune de ces expositions est réservée à un artiste qui y présente une trentaine d’oeuvres. L’événement, au cours duquel l’artiste va rencontrer les employés et leur faire part de sa démarche artistique, dure six semaines. Au terme de l’exposition, le comité de sélection achète une des oeuvres exposées.

«Nous voulons vraiment que notre collection serve d’outils de créativité pour nos employés», tient à préciser Mme François.

Dès la création du Cirque du Soleil, en 1984, ses dirigeants ont fait l’acquisition de quelques oeuvres d’art. Mais ce n’est vraiment que lorsque la société a fait construire son siège social sur le site de l’ancienne carrière Miron, en 1997, que cette collection a pris son envol.

Celle-ci compte plus de 400 oeuvres, dont la majorité se trouvent à l’intérieur de ce vaste complexe où travaillent quelque 2 000 personnes. La majorité de la collection est constituée d’oeuvres d’artistes québécois.

«Encourager nos artistes est l’autre grand objectif de notre collection, souligne Mme François. C’est important pour eux de pouvoir dire que telle ou telle collection d’entreprise détient une de leurs oeuvres.»

Le Cirque possède bien quelques oeuvres d’artistes consacrés comme Charles Daudelin, Alfred Pellan ou la monumentale murale d’aluminium Résurgence de Jordi Bonet (qui domine l’entrée principale de ses bureaux), mais ce sont des exceptions. L’essentiel de la collection est constitué d’artistes de la relève. S’ils sont encore en début de carrière, ils ont déjà quelques expositions dans des galeries à leur actif et une démarche artistique bien caractéristique.

La collection du Cirque, qui se concentre sur l’art actuel, c’est-à-dire des oeuvres produites au cours des 10 dernières années, est disposée à accueillir tous les modes d’expression visuelle, que ce soit la photo, la sculpture, la peinture, la vidéo, la gravure, etc.

Acquisitions récentes

Parmi les acquisitions récentes, la chef des collections mentionne Nadia Myre, une artiste algonquine dont le National Museum of the American Indian du Smithsonian Institute, Hydro-Québec, Loto-Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal possèdent aussi des oeuvres.

Laurent Craste, qui travaille la céramique et qui a fait l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal l’an dernier, de même qu’Ève K. Tremblay (photographies), Adad Hannah (vidéo), Karilee Fuglem et Simon Bilodeau (un peintre qui sera présent à la Biennale de Venise cette année, du 9 mai au 22 novembre), font également partie de la collection du Cirque du Soleil.

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